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Le Clonage Humain Dissertation

Le clonage humain consiste en la création d'un être humain à partir de la totalité du matériel génétique d'un humain déjà conçu.

On pourrait comparer ce concept à une gémellité retardée, et obtenue à la suite d'une décision.

Le clonage pourrait permettre un éventail de possibilités au niveau médical. Par exemple, lors d'une guerre, pouvoir remplacer un organe vital touché par celui du clone serait très intéressant. Le clone servirait alors de « banque d'organes vivante ».

Clonage d'embryon[modifier | modifier le code]

En janvier 2008, Stemagen, une firme de Californie, affirme dans la revue Stem Cell avoir réussi à créer pour la première fois cinq embryons humains par clonage en utilisant des cellules de la peau de deux hommes adultes. Après vérifications, ils n'ont réussi à confirmer avec une totale certitude que ces embryons étaient bien des clones des deux hommes que dans trois des cinq cas. Les embryons ont été détruits au cours de ce processus de vérification.

La technique employée par Stemagen est celle du clonage par transfert nucléaire de cellule somatique qui consiste à insérer dans un ovocyte énucléé le noyau d’une cellule adulte puis de conduire l’œuf ainsi créé à maturation. Cette technique a été utilisée avec succès chez des animaux et a même donné naissance à des clones viables : Dolly (brebis) clonée en 1996, Snuppy (chien) en 2005.

Chez l’homme, le but du clonage n’est pas d’obtenir un organisme viable mais un embryon dont les cellules souches pourraient être utilisées à des fins thérapeutiques. En effet ces cellules souches ont le pouvoir de se différencier en n’importe quelles cellules du corps humain. Mises sur l’os, elles deviennent cellules osseuses, dans le foie, cellules hépatiques, dans le cerveau des neurones. Aucun risque de rejet, de surcroît, puisqu’elles sont en tout point identiques à celles du receveur.

La communauté scientifique doit maintenant se pencher sur cette étude afin de vérifier la réalité de cette réalisation. En effet, depuis la fausse annonce en 2004 du coréen Hwang Woo-suk qui avait affirmé à tort être parvenu à la création de cellules souches à partir d’embryons clonés, les scientifiques redoublent maintenant de précautions.

Applications[modifier | modifier le code]

Clonage thérapeutique[modifier | modifier le code]

Le clonage humain thérapeutique (CHT), ou transfert de noyau de cellules somatiques, est une technique de production de matériel vivant utilisable comme « médicament », généralement pour une greffe et remplacer un organe détruit ou détérioré. La finalité de cette technique est la compatibilité génétique avec le malade assuré par le clonage.

La technique consiste à implanter le noyau d'une cellule somatique adulte dans un ovocyte énucléé pour commencer le développement embryonnaire et obtenir des cellules totipotentes dites aussi cellules souches. En effet, les lignées de cellules souches embryonnaires du Blastocyste (5e au 7e jour après fécondation) seraient susceptibles d'être greffées sans provoquer de rejet par l'organisme receveur. Donc des organes « neufs », ou des cellules à forte capacité de reproduction, peuvent ainsi être fabriquées, pour une greffe. Le concept, né à la fin du XXe siècle, n'était toujours pas concrétisé en 2004. Il est possible qu'il soit obsolète avant cette réalisation, en raison des progrès sur ces cellules spéciales, qu'il semble possible d'obtenir sans recours à leur fabrication indirecte par clonage (la thérapie régénératrice par cellule souche). De plus cette technique est soumise à la polémique du fait qu'elle repose sur un clonage. Certains y voient une forme plus acceptable par sa finalité médicale, et d'autres une forme pire due au statut d'objet de l'embryon.

Clonage reproductif[modifier | modifier le code]

Le clonage reproductif servirait à un couple stérile ou ayant une maladie génétique d'avoir un enfant sans passer par une reproduction sexuée. L'enfant ne serait en conséquence que le descendant de l'un des deux parents.

Législation[modifier | modifier le code]

Le , l'Assemblée générale des Nations unies a décidé d'interdire le clonage, même à des fins thérapeutiques. La Déclaration des Nations unies sur le clonage des êtres humains[1], non contraignante, a été adoptée avec 84 voix pour, 34 voix contre et 37 abstentions. Parmi les pays qui se sont opposés à cette déclaration se trouvent la France, le Royaume-Uni, la Norvège, l'Inde, le Japon, le Canada et la Chine.

La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne adoptée en décembre 2000 interdit le clonage reproductif des êtres humains[2].

Au Royaume-Uni, en , l'Autorité sur la fertilisation et l'embryologie humaine (HFEA) a autorisé le professeur Miodrag Stojkovic, de l'université de Newcastle à cloner des embryons humains à des fins de recherche thérapeutiques sur les cellules souches. Une autre autorisation a été accordée en 2005 au professeur Ian Wilmut du Roslin Institute d’Édimbourg. En , les équipes des professeurs Alison Murdoch et Miodrag Stojkovic, basées à Newcastle ont annoncé avoir cloné un embryon humain.

En Belgique, il n’existe actuellement aucune réglementation spécifique relative à la recherche sur l’embryon humain, mais un Décret royal de 1999 fixe les conditions d’agrément pour les centres de FIV. La constitution d’embryons n’est, en effet, autorisée que dans ces centres agréés. Pour le moment, les scientifiques chargés de projets de recherche mettant en jeu des embryons humains doivent mener leurs travaux dans un centre de FIV agréé, et, le protocole de recherche doit obligatoirement recevoir l’autorisation du Comité éthique d’institutions (universités, organismes). Mais le gouvernement a récemment élaboré un projet de loi concernant la recherche sur l’embryon. Ce projet a pour but de définir les conditions dans lesquelles la recherche sur des embryons surnuméraires pourrait s’effectuer et envisage même, dans certains cas, la création d’embryon aux fins de recherche, sans préciser pour le moment quelles seraient les modalités de cette création. Une chose est sûre : toutes les recherches devront ensuite faire l’objet de contrôles tant locaux que fédéraux. Ce projet de loi doit être débattu au Parlement fédéral belge prochainement.

En Corée du Sud, l'équipe du professeur Hwang Woo-Suk est la première à cloner un embryon humain pour la recherche scientifique en février 2004. Ces résultats ont été partiellement contestés en par une étude indépendante, une partie des résultats ayant été falsifiée.

En janvier 2008, les États-Unis autorisent la vente de produits venant d'animaux clonés : lait, œufs, viande, etc.

France[modifier | modifier le code]

La législation française sur les clonages compte parmi les plus sévères : ainsi, l'article 16-4 du Code civil français proscrit tout clonage, à but eugénique, reproductif ou thérapeutique :

« Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine.

* Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite.

  • Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée.
  • Sans préjudice des recherches tendant à la prévention et au traitement des maladies génétiques, aucune transformation ne peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne. »

— Article 16-4 du Code civil

L'ancien ministre de la Recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a déposé le 24 mai 2005, devant le bureau de l'Assemblée nationale, une proposition de loi visant à abroger l'article de la loi du 6 août 2004 sur la bioéthique, qui interdit le clonage thérapeutique. Une pétition, signée par 10 personnalités scientifiques, dont deux prix Nobel de médecine, François Jacob et Jean Dausset, a été remise le 17 juin 2005 au président de l'Assemblée nationale afin de soutenir cette proposition.

Ces pratiques sont punissables de peine allant de trente ans à la réclusion criminelle à perpétuité.

« Sont notamment susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs, au sens de l'article L. 2151-5, les recherches sur l'embryon et les cellules embryonnaires poursuivant une visée thérapeutique pour le traitement de maladies particulièrement graves ou incurables, ainsi que le traitement des affections de l'embryon ou du fœtus. »

— Article R2151-1 (inséré par Décret no 2006-121 du 6 février 2006 art. 1-II Journal officiel du 7 février 2006) du Code de la santé publique

Notes et références[modifier | modifier le code]

Illustration représentant deux êtres humains identiques.
 

Antoine Leblond
Groupe 3449.0
Éthique et politique 340-BSE-03

Dissertation philosophique en éthique
Le clonage chez l’être humain : est-ce moral ?
Travail présenté à M. Jean-Noël Ringuet

Cégep de Chicoutimi, 15 avril 1997


Le clonage chez l’être humain : est-ce moral ?

 Dernièrement, des scientifiques écossais ont réussi à cloner une brebis adulte à partir d’une de ses cellules mammaires. Ce fut une véritable prouesse scientifique. Auparavant, on avait toujours cru qu’il était impossible de cloner un mammifère adulte. Cette découverte a rendu envisageable le clonage d’êtres humains du point de vue scientifique. Par contre, est-ce que cela est acceptable au point de vue éthique ? En d’autres mots, doit-on permettre le clonage chez l’être humain ? Cela constitue un dilemme que je me propose d’analyser à l’intérieur de cette dissertation. En premier lieu, je présenterai les principaux arguments qui militent en faveur et contre le clonage chez l’être humain. Je tenterai de distinguer les jugements de fait des jugements de valeur et je m’assurerai de leur validité. Par la suite, je cernerai le principal enjeu éthique de ce dilemme et j’appliquerai les théories morales personnaliste et utilitariste à celui-ci. Finalement, je terminerai par la présentation de mon opinion.

 Plusieurs arguments militent en faveur du clonage chez l’être humain. D’autres, par contre, s’y opposent totalement. Presque tous les arguments que je présenterai seront des jugements de valeur. La plupart de ceux-ci comporteront également une partie jugement de fait sur laquelle ils s’appuieront. Toutefois, la dimension valeur sera toujours plus importante que celle factuelle. De plus, tous les jugements de valeur que je présenterai seront universels. En d’autres termes, ils s’appliqueront à tous les humains et ils ne seront aucunement discriminatoires. Ils seront donc tous acceptables du point de vue philosophique à moins qu’ils ne se basent sur des jugements de fait faux.

 Tout d’abord, certains croient que le clonage devrait être permis, car il constitue une nouvelle technique de reproduction qui est applicable à tous. Des individus totalement stériles pourront obtenir des copies d’eux-mêmes grâce à cette technique. Ils pourront donc faire survivre leur patrimoine génétique. Les valeurs en cause sont donc l’importance de la filiation, de la survie du patrimoine génétique et la famille. De plus, ce jugement de valeur est universel. En effet, cette technologie, applicable pour tous, fait appel à des valeurs universelles.

 Par contre, il existe un jugement de valeur qui s’oppose à celui que nous venons de présenter. Celui-ci nous dit que les clones pourront présenter certains problèmes psychologiques. Imaginons, par exemple, la situation où un humain stérile se fait quatre clones à deux ans d’intervalle. Les clones ne souffriront-ils pas de problèmes d’identité ? Le jeune enfant ne perdra-t-il pas son sentiment d’unicité lorsqu’il verra qu’il est identique à son père ou sa mère et qu’il peut être copié à volonté ? Les opposants se posent ces questions. Bien sûr, certains diront : « N’en est-il pas de même pour les jumeaux identiques ? » L’argument présenté devient donc très discutable et on peut facilement le négliger.

 Par ailleurs, certains croient que l’on ne devrait pas interdire le clonage, car il permettrait d’accéder à la vie éternelle. Ces derniers stipulent qu’il suffit de se faire des clones pour ne jamais mourir. Ce jugement de valeur, né du besoin d’éternité, n’a aucun de sens. Il n’est qu’un fantasme. En effet, le clone créé aura sa propre identité, au même titre qu’un jumeau identique et il sera impossible pour le « père » de transmigrer d’un corps à l’autre.

 Par contre, le clonage devrait peut-être être permis afin de faire revivre de grandes personnalités disparues. Elles pourraient continuer leur œuvre. Ce jugement de valeur, né de la reconnaissance de l’importance du progrès et des accomplissements, n’est qu’un fantasme également. En effet, un être humain a plus qu’une génécité. Il a une personnalité également. Celle-ci se forme au contact de l’environnement, à l’aide de l’éducation et des expériences de vie ainsi qu’à l’aide d’autres facteurs, connus et inconnus. Le clonage permet de copier le patrimoine génétique, mais non l’identité. Le clone n’aura donc pas les connaissances de son « père » et ne développera pas nécessairement les mêmes goûts. Il est donc inadéquat de parler de « reprises des travaux ». Tout au mieux, le clone pourra travailler dans le même domaine que son « père » au même titre que n’importe quel individu.

 Ou encore, le clonage pourrait être intéressant pour recopier ceux qui ont fait leur preuve. Les militants contre le clonage affirment que cette pensée est réductionniste. Comme il l’a déjà été mentionné, l’être humain est plus qu’une génécité. Il a également une identité. Le clonage ne permettant pas de copier l’identité, il est donc inutile de copier un être humain pour ce qu’il a fait de son vécu. Bien sûr, le clone possède initialement les mêmes capacités que son « père », mais il les développera différemment. De plus, il est important de ne pas oublier qu’il n’a pas été démontré que l’intelligence est héréditaire. Tous ces contre-arguments, qui font appel à la psychologie humaine, invalident donc le dernier argument présenté.

 De plus, la copie d’individus ayant fait leur preuve constitue une forme d’eugénisme. En effet, par le biais de cette technique, on tente d’améliorer la race. Certaines personnes contre le clonage y voient de nombreux problèmes. En effet, sur quels critères peut se baser l’eugénisme ? Comment déterminer qui sont les meilleurs ? De plus, l’eugénisme présente d’importants risques. Par exemple, on peut faire disparaître certains gènes utiles et augmenter la représentation d’autres néfastes. Il ne faut pas oublier qu’aucun individu n’est génétiquement parfait. On estime que chaque être humain est porteur d’entre quinze et vingt maladies récessives létales. Cette dernière phrase constitue un jugement de fait sur lequel notre contre-argument, un jugement de valeur, s’appuie.

 Le clonage chez l’être humain pourrait être extrêmement pratique en médecine. En effet, un individu nécessitant une greffe pourrait se faire un clone et s’en servir comme banque d’organes. Les scientifiques disent qu’il serait théoriquement possible d’arrêter le développement de l’embryon avant l’apparition d’activité cérébrale et de prélever ses organes pour les faire devenir matures en laboratoire. Les organes ainsi obtenus seraient totalement compatibles avec le receveur puisqu’ils posséderaient le même code génétique que ce dernier. Il n’y aurait donc aucun rejet. Cet argument est un jugement de valeur qui considère l’importance de la vie du receveur. Les contre-arguments considérant la dignité et les droits du clone seront présentés ultérieurement.

 Certains disent que le clonage d’êtres humains devrait être permis, car cela permettrait à la science de faire des pas de géants. En effet, beaucoup de recherches s’effectueraient dans ce domaine et celles-ci pourraient être profitables pour l’homme de plusieurs façons. De plus, le clonage pourrait augmenter l’efficacité de certaines expériences, car il est beaucoup plus facile de comparer les effets de celles-ci sur des individus génétiquement identiques. Ceux qui s’opposent au clonage clament que cela est totalement immoral. Cela ne respecte aucunement la dignité humaine et se sert de l’homme comme d’un objet. Il y a donc opposition entre deux jugements de valeurs. Les valeurs en cause sont l’importance du progrès et la dignité humaine.

 Économiquement, le clonage humain serait très avantageux. Plusieurs laboratoires et emplois pourraient être créés. Cet argument, présenté par des défendeurs du clonage, a comme valeur l’argent.

 Par contre, des opposants du clonage disent que ce procédé va à l’encontre de la dignité et du droit à n’exister qu’en un seul exemplaire. Cela constitue un jugement de valeur. Celui-ci peut facilement être invalidé en regardant ce qui en est pour les jumeaux identiques. Ont-ils moins de dignité que les autres êtres humains ? Non. Ceux-ci, quoique génétiquement identiques, possèdent chacun une identité et une personnalité distincte.

 Certains disent qu’il faut interdire le clonage, car cette technique est contre-nature. Cela constitue un jugement de valeur qui se base sur un jugement de fait qui est faux. Le clonage n’est pas contre-nature. Il s’en produit naturellement une fois sur quatre cents naissances (jugement de fait). En effet, les jumeaux identiques sont des clones parfaits (jugement de fait). Cet argument est donc éliminé.

 De plus, pour certains, le clonage devrait être interdit, car il comporte de nombreux risques. L’homme, ne connaissant pas ses limites, pourrait commettre de graves erreurs. De nombreux comportements réductionnistes ou eugéniques pourraient en résulter. De plus, certains pourraient s’en servir pour accomplir des actes jugés immoraux par ceux qui s’opposent au clonage. Nous n’avons qu’à penser aux nombreux clones d’un mégalomane ou aux parents, qui pour se consoler, copieraient leur enfant décédé. Le clonage pourrait également engendrer de graves problèmes sociaux comme la discrimination génétique. Ces arguments sont des jugements de valeur empreints de conservatisme.

 Finalement, pour certains, le clonage chez l’être humain devrait être interdit, car il va à l’encontre de sa dignité. En effet, le clone est voulu pour son avoir et non pour son être. On désire le clone pour ses qualités, ses capacités, ses caractéristiques ou ses organes, mais non pour ce qu’il est. En d’autres mots, le clone est considéré comme un objet et non une personne. Il est un moyen et non une fin. Cela ne respecte donc pas la dignité humaine. Ce jugement de valeur est l’argument majeur de ceux qui s’opposent au clonage.

En résumé, ce dilemme éthique présente une opposition entre plusieurs valeurs. D’une part, il y a le progrès scientifique, qui peut permettre de sauver des vies, venir en aide aux personnes stériles et stimuler l’économie, et d’autre part, il y a la dignité de l’être humain et le conservatisme face à des risques possibles. Selon l’importance que l’on accorde à ces valeurs en conflit, on sera pour ou contre le clonage chez l’être humain. Cette opposition constitue l’enjeu éthique de ce dilemme.

Tentons de le résoudre. Commençons par une approche personnaliste.

La valeur fondamentale du personnalisme est la personne. Cette dernière doit être considérée comme une fin et non un moyen. Il est donc évident qu’un personnaliste serait contre le clonage. En effet, le clonage se sert de l’être humain comme moyen. On désire le clone pour ses qualités, ses organes ou encore, une autre de ses caractéristiques. On souhaite tirer avantage du clone. On ne le désire pas pour ce qu’il est. Il ne constitue pas la fin de l’action.

Le prélèvement d’organes sur un clone présenterait un très grand avantage pour le receveur. Cela est toutefois contraire à la morale personnaliste, car selon celle-ci, on ne doit jamais se servir d’une personne sans son consentement libre et éclairé et il est immoral de sacrifier une personne pour venir en aide à une autre.

Un personnaliste sera donc contre le clonage chez l’être humain, car il accorde plus d’importance au respect de la dignité humaine qu’à l’avancement scientifique ou économique.

Un utilitariste, par contre, verrait le dilemme sous une perspective différente. Il étudierait les conséquences, à court et à long terme, et chercherait ce qui pourrait procurer le plus de bonheur général. Il s’agit de la position favorisant le clonage. Un utilitariste serait toutefois prudent. Il exigerait un contrôle extrêmement vigilant ou un moratoire afin d’éviter toutes conséquences négatives. Le clonage peut avoir des répercussions positives et contribuer au bonheur général, car il permet de faire progresser la science, de sauver des vies grâce aux greffes d’organes, de venir en aide aux individus stériles et de stimuler l’économie. Par contre, tout cela ne nuit pas au bonheur du clone. Même s’il est initialement désiré pour son avoir, il pourra profiter d’une vie heureuse. Cela s’est déjà vu ailleurs. Par exemple, un fils d’agriculteur, désiré pour son aide sur la ferme, peut vivre de façon très heureuse. Pour ce qui concerne le prélèvement d’organes sur un embryon, ce dernier n’a pas encore d’activité cérébrale. Il n’est donc aucunement question de souffrances pour celui-ci.

Par contre, le clonage peut être source de problèmes sociaux ou autres. Les conséquences à long terme peuvent donc réduire le bonheur général. C’est pour cela qu’un utilitariste serait très prudent. Il désirerait éliminer les risques et donc rendre les conséquences néfastes peu probables. Il exigerait des lois très strictes ou un moratoire. Cela donnerait le temps à l’homme d’acquérir les connaissances qui lui empêcheraient de commettre des erreurs. L’utilitariste n’est pas contre le principe du clonage, mais il craint les conséquences négatives. Un délai permettrait justement de les éviter. Et au pire, suite à un moratoire, si l’utilitariste se rend compte que les erreurs sont inévitables, il pourra toujours reconsidérer la question.

En résumé, le clonage peut augmenter le bonheur général de la société si des mesures empêchant les conséquences négatives sont prises. C’est pour cette raison qu’un utilitariste n’est pas contre le principe du clonage humain. Par contre, il peut avoir des objections tant qu’aux modalités de celui-ci. C’est pour cela qu’il pourrait exiger des mesures législatives très sévères ou tout simplement demander un moratoire.

Voici maintenant ma position personnelle.

Je suis contre le clonage chez l’être humain pour les mêmes raisons qu’un personnaliste. Je trouve que cela va à l’encontre de la dignité humaine et qu’il s’agit d’un manque de respect de la personne. On ne doit pas utiliser un humain comme un simple moyen. On doit le respecter dans toute son intégrité. La personne humaine doit constituer la fin de nos actions.

De plus, le clonage comporte trop de risques. Il s’agit d’une technique très puissante qu’il est facile d’employer incorrectement. Elle peut donner naissance à de nombreux comportements immoraux ou dégradants pour l’homme. Par exemple, comme il l’a déjà été mentionné, des parents pourraient cloner leur enfant qui vient de mourir. Ou encore, des humains pourraient être clonés afin d’être utilisés comme soldats ou esclaves.

Avec le clonage, il est facile de tomber dans le réductionnisme ou l’eugénisme. On peut facilement être tenté d’améliorer la race en clonant des êtres extraordinaires, mais qui sont génétiquement imparfaits (nous sommes tous imparfaits). Cela n’est pas souhaitable puisqu’on duplique un certain groupe de gènes néfastes et augmente ainsi sa représentativité. De plus, on peut être tenté de surestimer l’importance du code génétique. Cela peut nous faire commettre des erreurs (ex : discrimination génétique).

De toutes façons, le clonage ne présente pas beaucoup d’avantages. La plupart de ceux qu’il paraissait présenter n’étaient que des fantasmes. L’interdiction de tout clonage chez l’homme ne constitue donc pas une grosse perte pour l’humanité et nous évite de nombreux problèmes.

En résumé, les arguments valides en faveur du clonage chez l’être humain stipulent que cette technique peut sauver des vies, venir en aide aux personnes stériles et contribuer à l’avancement scientifique et économique. Par contre, cette technique va à l’encontre de la dignité humaine et peut être la source d’effets néfastes. Cette opposition constitue donc l’enjeu éthique de notre dilemme. Les théories morales personnaliste et utilitariste peuvent nous à aider à le résoudre. Il a été démontré qu’un personnaliste serait contre le clonage étant donné que cette technique va à l’encontre de la dignité humaine. De plus, il a été démontré qu’un utilitariste serait pour le principe mais qu’il serait extrêmement vigilant afin d’éviter toute conséquence néfaste. En effet, le clonage correctement utilisé peut contribuer au bonheur général. Finalement, j’ai expliqué pourquoi selon moi, nous devrions tous être contre le clonage chez l’être humain. J’ai principalement repris les arguments du personnalisme.

Nous venons d’étudier un dilemme de bioétique relié à la génétique. L’avancement des sciences dans le domaine biomédical en a soulevé beaucoup d’autres. Étant donné l’importance grandissante qu’occupe la génétique dans notre société, il pourrait être très intéressant d’étudier d’autres problèmes de ce genre. Par exemple, serions-nous intéressés à passer un test de dépistage génétique fiable pour une maladie létale incurable si l’on se savait à risque ?
 Bibliographie

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FERRY, Luc. « Le clone et la personne humaine », Le Point, numéro 1276, 1er mars 1997, p. 71.

FITTERMAN, Lisa. « Door opens to human cloning », The Gazette, 24 février 1997, cahier A, pp. 1 et 10.

KLUGER, Jeffrey. « Will we follow the sheep ? », Time, 10 mars 1997, pp. 39-44..

« Le clonage humain est inacceptable, selon les experts », La Presse, mercredi le 26 février 1997, cahier A, p. 17.

LÉGER, Marie France. « Clonage d’humains : ce n’est pas demain la veille », La Presse, mercredi le 26 février 1997, p. 1.

« Le meilleur des mondes? redouté n’est pas pour demain », La Presse, mercredi le 26 février 1997, cahier A, p. 17.

MELANÇON, Marcel. Notes de cours, Philosophie - Bioéthique 340-BSN-03

WRIGHT, Robert. « Can be xeroxed ? », Time, 10 mars 1997, p. 45.

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